l'actualité de l'histoire

Chaque semaine, dans cette rubrique, l'"Actu" a rendez-vous avec l'Histoire.

Cela permet de prendre un certain recul avec les événements présents, tout en montrant l'actualité de l'histoire qui "se répète", "se plagie", "se copie", ou "bégaie", selon qui en juge.

Cette rubrique se poursuit maintenant sur le nouveau site de l'Histoire en citations, 3 500 citations historiques.


Derniers articles
:
Sondages et opinion publique - le 9/07/2011
L'humour en politique
- le 23/06/2011
La cause des peuples - le 14/06/2011
La voix des féministes - le 3/06/2011
L'affaire DSK - le 24/05/2011



Sondages et opinion publique.

publié le 9 juil. 2011 à 02:02 par Utilisateur inconnu   [ mis à jour : 9 juil. 2011 à 02:11 ]

Suite de "l'affaire DSK", dans un contexte d'élection présidentielle à venir, période où les sondages vont se multiplier.
Après la remise en liberté sur parole de Dominique Strauss-Kahn, vendredi 1er juillet, les instituts de sondage ont immédiatement réagi.
Première enquête réalisée le jour même et le lendemain : Harris Interactive pour Le Parisien, sur le retour de DSK dans la vie politique française. Résultat : 49 % des Français le souhaitent, 45 % étant d’un avis contraire. La proportion est plus forte chez les sympathisants de gauche. 
C'est un changement d'opinion radical, suite au coup de théâtre sur la scène new-yorkaise.
Autre sondage Ipsos pour Le Point, diffusé le 4 juillet : 51 % des Français pensent que DSK n'a pas d'avenir politique, 42 % estiment que l'ancien favori des sondages a un avenir politique. 57 % des sympathisants socialistes le pensent, contre 33 % des sympathisants UMP et 29 % des sympathisants Front national.

Opinion partagée, contrastée, en évolution, comme sur la plupart des cas.
Les précédents sondages politiques ont enregistré la popularité croissante du Front national de Marine Le Pen, l'impopularité quasi constante du Président Sarkozy - entre mille autres thèmes plus ou moins importants.

Cas le plus dramatique, l'entrée en guerre du pays.

"La France et l'Angleterre doivent désormais résister à toute nouvelle exigence de Hitler."

Avis de 70% des Français, selon un sondage de décembre 1938.
Histoire de la France au XXe siècle, volume 2 (2003), Serge Berstein, Pierre Milza.
Véritables faits de société, les sondages sont nés aux USA, fin 1936, à l'initiative d'un journaliste et statisticien, George Horace Gallup, fondateur de l'institut portant son nom. 
D'août 1938 à juillet 1939, en France, près de trente sondages interrogent  l'opinion face à la montée de l'hitlérisme et du fascisme. Voir citation 839.

Le 3 septembre, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne. Ainsi débute la Seconde Guerre mondiale. 

Avant l'invention des sondages, les responsables politiques étaient déjà bien informés de l'opinion publique : par la police, les services secrets, les espions et diverses formes de "renseignements" ; mais aussi par les pamphlets, épigrammes, satires, libelles, caricatures - le plus souvent anonymes. S'opposer au roi ou au pape, dans une monarchie de droit divin ou sous un empire autoritaire, c'était risquer la prison, voire la mort.
Plus importants encore, les mots mis en musique. On peut écrire une Histoire de France par les chansons. Et nous citons les meilleures, dans cette Histoire. 

Napoléon est le plus chansonné des personnages. Aimé, admiré, adulé quand il était jeune Bonaparte - voir le fier cavalier qui caracole au pont d'Arcole, en couverture du livre -, il a fini haï comme empereur - c'est la légende noire de l'"Ogre corse". Avant d'entrer dans la légende populaire, au XIXe siècle, célébré par Hugo ou chanté par Béranger : 

"Bien, dit-on qu'il nous ait nui, / Le peuple encore le révère… 
Parlez-nous de lui grand-mère, parlez-nous de lui."

À tort ou à raison, la versatilité de l'opinion publique est une constante de l'histoire.


L'humour en politique (quelques mots de Clemenceau).

publié le 23 juin 2011 à 06:40 par Utilisateur inconnu   [ mis à jour : 23 juin 2011 à 10:40 ]

Pour oublier le moral en berne et le pessimisme franco-français, parlons un peu d'humour.

Prétexte pris dans l'actualité, la phrase de Chirac inaugurant une exposition dans un musée de Corrèze avec François Hollande, et se disant bien fort "prêt à voter Hollande, sauf si Juppé se présente." Les micros diffusent le propos, on s'en émeut, à gauche comme à droite, et le lendemain, l'ex-Président précise (communiqué à l'AFP, 12 juin 2011) :

"Il s'agissait d'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date."

Dans l'histoire de France, on trouve les professionnels de l'humour, journalistes, satiristes, méchantes langues et beaux esprits, Voltaire en tête. Mais les hommes d'État les plus sérieux ont parfois le mot pour rire, de Gaulle étant le plus illustre exemple. Et dans un autre style, Clemenceau.

Évoquant en 1887 la prochaine élection du Président (par les deux chambres, réunies en Assemblée nationale) :

"Votons pour Carnot, c'est le plus bête, mais il porte un nom républicain !"

Georges Clemenceau, Histoire de la France et des Français, André Castelot, Alain Decaux (1972).

Marie François Sadi Carnot est petit-fils de Lazare Carnot (le "Grand Carnot", célèbre révolutionnaire), fils de Lazare Hippolyte Carnot (député, ministre, sénateur), neveu de Sadi Carnot (physicien qui laisse son nom à un théorème), lui-même polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées, préfet, puis député républicain et plusieurs fois ministre. "Bête" n'est pas le qualificatif le plus approprié, mais le Tigre a la dent dure, et l'humour féroce. Voir citation 769.

À qui lui reprochera de ne s'entourer que de personnages falots dans son gouvernement, il répondit :

"Ce sont les oies qui ont sauvé le Capitole."

 Le mot le plus cruel vise droit au cœur le général Boulanger, suicidé sur la tombe de sa maîtresse, le 30 septembre 1891 :

"Il est mort comme il a vécu : en sous-lieutenant."

Georges Clemenceau, Histoire de la France, André Maurois (1947).

Épitaphe cinglante : la fin du "Brave général" qui fit trembler la République est un fait divers pitoyable. Mme de Bonnemain (payée par la police pour espionner son amant) meurt du mal du siècle, la phtisie, le 16 juillet. Sur sa tombe, le général Boulanger fait graver ces mots : "Marguerite… À bientôt". Il revient se tirer une balle dans la tête, pour être enterré dans la même tombe où l'on gravera : "Ai-je bien pu vivre 2 mois ½ sans toi ?" Voir citation 773.

Autre défunt mort d'amour, mais chez lui, à l'Élysée, le président de la République Félix Faure, bel homme de 58 ans. Compagne de ses derniers instants, une demi-mondaine, Marguerite Steinheil, bientôt surnommée la Pompe funèbre. Clemenceau lui-même fait dans l'humour noir :

"Il voulait être César, il ne fut que Pompée."

On lui prête aussi ce mot plus politique :

"Félix Faure est retourné au néant, il a dû se sentir chez lui."

Et dans le même esprit :

"Cela ne fait pas un homme de moins en France."

L'Aurore, 17 février (Rappelons que c'est le journal de Clemenceau). Voir citation 783.

 

"Il y a deux organes inutiles : la prostate et le président de la République."

Clemenceau, par ailleurs candidat à présidence, ironise sur le magistrat suprême, surtout là pour inaugurer les chrysanthèmes.

Il a tenté de barrer la route à Poincaré, faisant campagne pour Pams, ministre de l'Agriculture, avec un argument qui a déjà servi : "Je vote pour le plus bête !" Mais Poincaré est élu. 

Son premier septennat sera bouleversé par la plus grande tragédie du siècle.

"La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires."

Georges Clemenceau, Soixante Années d'histoire française : Clemenceau, Georges Suarez (1932).

Le 16 novembre 1917, à 76 ans, le président Poincaré l'appelle en dernier recours, à la tête du gouvernement. Jusque-là, "le Tigre" s'est tenu à l'écart, accablant de sarcasmes les chefs civils et militaires. Le "tombeur de ministères" va devenir le "Père la Victoire", exerçant une véritable dictature, avec suprématie du pouvoir civil sur le militaire. Jusqu'à la défaite allemande. Voir citation 805.

"Il est plus facile de faire la guerre que la paix."

Georges Clemenceau, Discours de Verdun, 14 juillet 1919.

Le Père la Victoire, toujours chef du gouvernement d'une France épuisée, est devenu le Perd la Victoire : piètre négociateur au traité de Versailles signé le 28 juin, il a laissé l'Anglais Lloyd George et l'Américain Wilson l'emporter sur presque tous les points. Il ne sera jamais président de la République, l'Assemblée préférant voter en 1920 pour Deschanel, qui démissionnera bientôt, tué par le ridicule, et victime de l'humour bien français. Voir citation 814.

 

La cause des peuples

publié le 13 juin 2011 à 23:46 par Arnaud Douezy   [ mis à jour le·14 juin 2011 à 05:27 par Utilisateur inconnu ]

Le "printemps arabe" fait régulièrement la une de la presse française. L'opinion publique s'émeut, le gouvernement a réagi. La France a pris parti : pour les peuples et pour la liberté.

La révolte a commencé en novembre 2010. Un jeune Tunisien, Mohamed Bouazizi, s'immole par le feu, le 17 décembre. Des milliers de jeunes manifestent. Le mouvement s'étend, se renforce et déstabilise le monde arabe.

"Un immense mur de Berlin qui tombe" (entretien AFP, 24 mai 2011) : Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain d'expression française, témoigne et dit son espoir. La révolution entraîne la chute de  dictateurs en place depuis trente ans et plus, Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte. Et malgré les répressions sanglantes, la révolte gagne du terrain : Lybie, Syrie… Algérie, Maroc, Yémen également touchés.

Depuis la Révolution, c'est une constante dans notre histoire.

"Nous avons le droit de dire aux peuples : vous n'aurez plus de rois."
Georges Jacques Danton, Convention, 28 septembre 1792.

Belle phrase, et superbe idée révolutionnaire. L'orateur précise : "La Convention doit être un comité d'insurrection générale contre tous les rois de l'univers". Rien qu'en Europe, voilà beaucoup d'ennemis en puissance.

La guerre de défense de la jeune République va se transformer en guerre d'idéologie et bientôt de conquête. D'où la riposte des rois et empereurs voisins, coalisés contre la France. Voir citation 422.

"La Convention nationale déclare au nom de la nation française qu'elle accordera fraternité et secours à tous les peuples qui voudront recouvrer leur liberté."
Convention, Décret du 19 novembre 1792.

Dans la logique du discours de Danton, cette promesse solennelle va lancer la France dans une suite de guerres. Les historiens se demandent toujours pourquoi : annexion au nom de la théorie des frontières naturelles, création d'un glacis de républiques sœurs, ou véritable croisade pour la liberté ? Voir citation 425.

"Peuples de l'Italie, l'armée française vient rompre vos chaînes ; le peuple français est l'ami de tous les peuples (...) et nous n'en voulons qu'aux tyrans qui vous asservissent."
Napoléon Bonaparte, Proclamation à l'armée d'Italie, 26 avril 1796.

C'est encore le langage des Révolutionnaires appelant les peuples voisins à l'indépendance et à la liberté. C'est aussi le nouveau héros qui fascine par son génie et sa jeunesse, se donnant pour mission d'être le bienfaiteur de l'humanité. Voir citation 511.

Les guerres de Napoléon Ier se termineront par un désastre.

Napoléon III, souvent décrié, va intégrer habilement le principe des nationalités à sa politique étrangère. Venger la honte des traités de 1815, cela implique une révision des frontières européennes, et l'évocation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes fournit une justification morale à son action.

"La France, sans froisser les droits de personne, a repris dans le monde la place qui lui convenait."
Comte Walewski, ministre des Affaires étrangères, présidant le Congrès de la Paix à Paris, 25 février 1856.

En même temps, les provinces serbes et roumaines gagnent leur autonomie, face à la Turquie : victoire personnelle pour Napoléon III, promu défenseur du principe des nationalités. Autre succès : la guerre contre l'Autriche pour libérer l'Italie. Voir citation 708.

Au XXe siècle, nouvelle raison d'intervenir, pour défendre la liberté d'un peuple : 

"Des avions, des canons pour l'Espagne !"
Cris des militants, meeting du Parti Communiste à Luna-Park, 6 septembre 1936.

Le Frente Popular a remporté les élections (comme en France). Mais le général Franco a pris la tête d'un soulèvement nationaliste, aidé par la Phalange (inspirée du fascisme italien). L'Espagne entre dans la guerre civile, Républicains contre Nationalistes. 

Hitler fournit des armes et Mussolini des hommes à Franco. Blum, chef du gouvernement de Front populaire, hésite, crucifié entre Pacifisme et Antifascisme. Il laissera passer des volontaires, avant d'envoyer aux Républicains d'importantes fournitures de matériel. Des avions, des canons… Voir citation 834.

"Les grandes manœuvres sanglantes du monde étaient commencées."
André Malraux, L'Espoir (1937).

Il s'engage aux côtés des Républicains combattant au cri de "Viva la muerte", dans cette guerre qui va durer trois ans et sert de banc d'essai aux armées fascistes et nazies, avant la Seconde guerre mondiale. Malraux fait figure de héros révolutionnaire, dans la dernière "guerre juste" de notre temps : une des raisons de l'"espoir", c'est l'afflux de volontaires de tous pays (40 000 hommes), unis pour une juste cause, dans la fraternité des Brigades internationales. Voir citation 835.

Laissons le mot de la fin à une vision de l'Histoire plus extrême :
"Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde."
Général de Gaulle, Discours du 1er mars 1941 à la "Réunion des Français de Grande-Bretagne". Voir citation 860.

 

 




La voix des féministes

publié le 3 juin 2011 à 09:39 par Utilisateur inconnu   [ mis à jour : 4 juin 2011 à 01:18 ]

"Marre des machos." Libération, 31 mai.
Après l'affaire DSK, les féministes parlent haut et fort. Le féminisme est une réaction naturelle au sexisme, à la misogynie, au machisme. Empruntons au Larousse la définition de ces mots :

Féminisme : mouvement militant pour l'amélioration et l'extension du rôle et des droits des femmes dans la société. 
Sexisme : attitude discriminatoire fondée sur le sexe.
Misogynie : mépris, voire haine éprouvée ou manifestée pour les femmes
Machisme : idéologie ou comportement fondé sur l'idée que l'homme domine socialement la femme et qu'à ce titre, il a droit à des privilèges de maître.

Historiquement, la France est institutionnellement sexiste, machiste et misogyne, à commencer par sa loi salique, ainsi résumée :
"Le royaume de France est si noble qu'il ne peut aller à femelle."
États du royaume, 2 février 1317. Froissart, Chroniques.
Philippe V le Long, roi contesté, a convoqué une assemblée pour se faire reconnaître ses droits à la Couronne. Les représentants de l'État vont plus loin, excluant les femmes pour la succession au trône. Voir la citation 58.

Les plus grands personnages de l'histoire font assaut de misogynie.
"C'est la moins folle femme du monde, car de sage, il n'y en a guère."
Louis XI, mourant, parle de sa fille aînée, Anne, qui reçoit la tutelle du royaume, le 30 août 1483. Son fils Charles VIII est à peine majeur à 13 ans, et sans personnalité - il sera surnommé l'Affable. Anne de France va mériter son surnom de "Madame la Grande" : intelligence et force de caractère lui permettent de continuer l'œuvre paternelle et d'affermir le royaume, en ces temps difficiles. Voir la citation 101.

"Ces animaux sont étranges. On croit quelquefois qu'ils ne sont pas capables d'un grand mal, parce qu'ils ne le sont d'aucun bien."
Richelieu pense à deux femmes, Anne d'Autriche (femme de Louis XIII) et la duchesse de Chevreuse. Et à leurs trahisons. L'époque est aux complots, et dans la noblesse de France, les femmes égalent les hommes. Elles s'illustreront en héroïnes de la Fronde, véritable guerre civile. 
Voir la citation 209. 

Pour que les femmes réagissent, il faut attendre la Révolution. Et la première féministe, l'une des plus célèbres, courageuse et provocatrice : 
"La femme a le droit de monter à l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune." 
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenneseptembre 1791. 
Elle plaide pour l'égalité entre les sexes, ce qui inclut le droit de vote et l'éligibilité (permettant de monter à la tribune en tant que député). Chose impossible à l'époque, la femme étant juridiquement mineure, soumise au père ou à l'époux. Voir la citation 402.

Olympe de Gouges, opposante à Robespierre et aussi libre de parole que Mme Roland, finira guillotinée, le 3 novembre 1793 : 
"Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort."
La reconnaissance espérée par la condamnée sera tardive. Voir la citation 471.

La Révolution n'a rien changé à la situation des femmes, et leur condition sociale ne s'améliore pas, avec le nouveau maître de la France. 
Napoléon Bonaparte se pose comme le plus grand misogyne de l'histoire : 
"Nous autres peuples d'Occident, nous avons tout gâté en traitant les femmes trop bien (...) 
Elles ne doivent pas être regardées comme les égales des hommes, et ne sont, en réalité, que des machines à faire des enfants (…) 
Il vaut mieux qu'elles travaillent de l'aiguille que de la langue."
En vertu de quoi le Code civil (Code Napoléon), promulgué le 21 mars 1804, édicte que "La femme doit obéissance à son mari." (article 213)

Le féminisme explose, et s'impose, au XXe siècle. 
"Faisons la grève, camarades ! la grève des ventres. Plus d'enfants pour le Capitalisme, qui en fait de la chair à travail que l'on exploite, ou de la chair à plaisir que l'on souille !"
Nelly Roussel, La Voix des femmes, 6 mai 1920.
Rares sont les féministes aussi extrêmes que cette journaliste marxiste et militante, en cette "Journée des mères de familles nombreuses". Mais, du seul fait de la Grande Guerre (1914-1918), les femmes sont devenues majoritaires dans le pays, avec un million de veuves de guerre et plusieurs millions de célibataires, occupant des emplois jadis réservés aux hommes et assumant des responsabilités nouvelles. La médecine, la recherche, le sport leur ouvrent enfin de vrais débouchés. Le droit de vote est acquis, après la Seconde Guerre mondiale. 
Voir la citation 816.

"Il y a plus inconnu que le Soldat inconnu : sa femme !"
Banderole déroulée par le MLF sur la dalle du Soldat inconnu, place de l'Étoile, 26 août 1970. 
Autre banderole brandie : "Un homme sur deux est une femme." Les manifestantes déposent une gerbe à la femme inconnue du célèbre Soldat inconnu. Et sont arrêtées. 
Dès le lendemain, la presse déclare la naissance du MLF, Mouvement de libération des femmes. C'est sa première sortie médiatique. 
Au-delà d'un certain folklore, entre "provoc" et happening, les années 1970-80 verront aboutir l'essentiel des revendications des femmes. La "loi Veil" du 18 janvier 1975, passionnément discutée, dépénalise l'avortement, rebaptisé IVG (interruption volontaire de grossesse). 
Voir la citation 949.

Tant qu'il y aura des hommes… sexisme, misogynie et machisme se manifesteront, et les féminismes exprimeront leur colère, leur ego, leur sexe blessé, leurs humiliations, partout dans le monde.
L'affaire DSK, et d'autres du même genre, sont quand même l'occasion de rappeler le progrès dans les institutions et les mœurs de la France.


L'affaire DSK

publié le 24 mai 2011 à 10:45 par Utilisateur inconnu   [ mis à jour le·13 juin 2011 à 23:55 par Arnaud Douezy ]

L'Affaire de la semaine (dernière) s'impose, parions qu'on en parlera encore longtemps.
Fallait-il pour autant s'acharner médiatiquement sur Dominique Strauss-Kahn, et montrer en boucle l'image d'un homme de pouvoir, soudain déchu ? Non ! 

"On ne tire pas sur une ambulance."
L'expression, plusieurs fois répétée, a pour source un éditorial de l'Express, daté du 24 avril 1974, signé Françoise Giroud. Le trait d’une charité sans pitié visait Chaban-Delmas, candidat à la Présidence de la République après la mort de Pompidou. Très populaire quelques mois plus tôt, la cote du brillant et séduisant Chaban ne cessait de baisser dans les sondages.

Pour plus d'explications, voir la citation 958.


Plus généralement, et toujours à propos de l'affaire DSK, on évoque les liaisons dangereuses entre le sexe et le pouvoir.
C'est une très vieille histoire, en France. Henri IV, le bon roi aimé du peuple et chanté plus qu'aucun autre des siècles après sa mort, entretenait une solide réputation de galanterie. Il a commencé comme Henri de Navarre, et continua de tromper ses deux reines de femme, affichant ses maîtresses et multipliant les bâtards. Sa progéniture est à l’image de sa santé amoureuse, exceptionnelle, et il légitima souvent ses enfants nés hors mariage – premier roi de France qui ose cela.

Avec une liste de 73 favorites, Henri IV bat largement les deux autres grands amoureux, Louis XIV et Louis XV, aux règnes beaucoup plus longs.
Le caractère public des amours royales dépasse la médiatisation qu’en fait aujourd’hui la presse "people". Que ce soit pour applaudir ou médire, pour dire la vérité ou répandre la rumeur, les chansons et les pamphlets (souvent anonymes) ont été les premiers médias populaires.

"Vive Henri IV

Vive ce roi vaillant !
Ce diable à quatre
A le triple talent
De boire et de se battre
Et d’être un Vert Galant !"
Vive Henri IV (chanson anonyme). 

Voir la citation 186.

L’amour des femmes est quand même le point faible du roi. Peu de temps avant son assassinat, il menace la paix du royaume pour courir après sa dernière maîtresse, Charlotte Marguerite de Montmorency : elle a 15 ans, et lui 56.

Pour tout savoir sur Henri IV et son règne, voir les citations 164 à 192.

Et pour conclure sur une dernière citation qui n'est pas dans le livre…

"Le roman est l'histoire des hommes et l'histoire le roman des rois."
Alphonse Daudet, Souvenirs dun homme de lettres, Histoire des livres : Les Rois en exil.






Accueil I la présentation I en 10 citationsI l'actualité de l'histoire I l'auteur I la presse en parle I les contacts































1-5 of 5