Sondages et opinion publique.

publié le 9 juil. 2011 à 02:02 par Utilisateur inconnu   [ mis à jour : 9 juil. 2011 à 02:11 ]
Suite de "l'affaire DSK", dans un contexte d'élection présidentielle à venir, période où les sondages vont se multiplier.
Après la remise en liberté sur parole de Dominique Strauss-Kahn, vendredi 1er juillet, les instituts de sondage ont immédiatement réagi.
Première enquête réalisée le jour même et le lendemain : Harris Interactive pour Le Parisien, sur le retour de DSK dans la vie politique française. Résultat : 49 % des Français le souhaitent, 45 % étant d’un avis contraire. La proportion est plus forte chez les sympathisants de gauche. 
C'est un changement d'opinion radical, suite au coup de théâtre sur la scène new-yorkaise.
Autre sondage Ipsos pour Le Point, diffusé le 4 juillet : 51 % des Français pensent que DSK n'a pas d'avenir politique, 42 % estiment que l'ancien favori des sondages a un avenir politique. 57 % des sympathisants socialistes le pensent, contre 33 % des sympathisants UMP et 29 % des sympathisants Front national.

Opinion partagée, contrastée, en évolution, comme sur la plupart des cas.
Les précédents sondages politiques ont enregistré la popularité croissante du Front national de Marine Le Pen, l'impopularité quasi constante du Président Sarkozy - entre mille autres thèmes plus ou moins importants.

Cas le plus dramatique, l'entrée en guerre du pays.

"La France et l'Angleterre doivent désormais résister à toute nouvelle exigence de Hitler."

Avis de 70% des Français, selon un sondage de décembre 1938.
Histoire de la France au XXe siècle, volume 2 (2003), Serge Berstein, Pierre Milza.
Véritables faits de société, les sondages sont nés aux USA, fin 1936, à l'initiative d'un journaliste et statisticien, George Horace Gallup, fondateur de l'institut portant son nom. 
D'août 1938 à juillet 1939, en France, près de trente sondages interrogent  l'opinion face à la montée de l'hitlérisme et du fascisme. Voir citation 839.

Le 3 septembre, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne. Ainsi débute la Seconde Guerre mondiale. 

Avant l'invention des sondages, les responsables politiques étaient déjà bien informés de l'opinion publique : par la police, les services secrets, les espions et diverses formes de "renseignements" ; mais aussi par les pamphlets, épigrammes, satires, libelles, caricatures - le plus souvent anonymes. S'opposer au roi ou au pape, dans une monarchie de droit divin ou sous un empire autoritaire, c'était risquer la prison, voire la mort.
Plus importants encore, les mots mis en musique. On peut écrire une Histoire de France par les chansons. Et nous citons les meilleures, dans cette Histoire. 

Napoléon est le plus chansonné des personnages. Aimé, admiré, adulé quand il était jeune Bonaparte - voir le fier cavalier qui caracole au pont d'Arcole, en couverture du livre -, il a fini haï comme empereur - c'est la légende noire de l'"Ogre corse". Avant d'entrer dans la légende populaire, au XIXe siècle, célébré par Hugo ou chanté par Béranger : 

"Bien, dit-on qu'il nous ait nui, / Le peuple encore le révère… 
Parlez-nous de lui grand-mère, parlez-nous de lui."

À tort ou à raison, la versatilité de l'opinion publique est une constante de l'histoire.


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